mardi 7 décembre 2010

Ivoiriens, on voit tout !

 Depuis la proclamation des résultats de cette élection ivoirienne, que l’on ne vienne plus nous dire qu’il n’existe pas de connivence, voire un pacte entre les politiques et les médias français. Comparer deux évènements incomparables n’est pas le propos. Mais il est aussi de notre devoir de pointer du doigt, le paradoxe dans le traitement  des informations concernant les évènements de la Côte d’Ivoire et ce torrent de commentaires l’ayant accompagné et  ne rien avoir entendu de tel sur le cas de Madagascar. Dans les deux cas, à des périodes différentes, il  s’agit avant tout de  Démocratie. Et l’on a constaté que les politiques français y allaient chacun de sa petite musique. Tout cela sonne faux. Pourquoi ce subit intérêt à médiatiser le cas ivoirien et la chape de plomb sur le cas malgache ? Que cette classe politique soit saisi d’un brusque élan de solidarité démocratique pour ce pays producteur de cacao, est tout à son honneur, mais on aimerait que ce même sentiment l’étreigne pour le cas de Madagascar où celui qui a fait le coup d’état en mars 2009 bénéficie d’une grande mansuétude…
Vouloir chercher la logique politique de la France de Sarkozy obéissant à des intérêts inavouables, serait une perte de temps. Et pourtant, elle gagnerait à être suivie si elle avait de la cohérence et que cette logique ne soit pas à géométrie variable. Les récents déballages sur Wikileaks  font d’ailleurs sourire quand on y découvre que Sarkozy souhaitait rompre avec la « françafrique »… on ne savait pas que cela existait !
Plus sérieusement,  imaginerait-on qu’un chef d’état africain puisse appeler Sarkozy et lui intimer de laisser la place à son rival ? Tant qu’il y est, on aimerait plutôt qu’il somme son compatriote putschiste Rajoelina, d’abandonner son œuvre de destruction de Madagascar.
A l’ère où les informations circulent aussi vite que la lumière, il est dérisoire de tenir deux discours différents pour des sujets qui relèvent d’un même thème. Les principes se valent quels que soient l’endroit et le peuple concerné. L’engagement pour la défense de certaines valeurs doit se faire dans la constance  et non au gré d’intérêts bassement matériels. Ne pas le reconnaître, c’est se mettre un doigt dans l’œil. Un grand handicap, quand tout le monde voit tout !    

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