RADIO LONGO MADAGASIKARA
Justice, quelle justice ?
Parler de droit, de justice et de tout ce qui s’y rattache avec ce pouvoir nous arrache la plume et déchire nos lèvres mais ne pas le faire, c’est occulter la manipulation outrancière que la hat et son chef putschiste Rajoelina font de ce qui reste de l’appareil judiciaire malgache.
Cela n’a échappé à personne, la célérité avec laquelle la hat a rendu cet absurde arrêt condamnant par contumace le Président Ravalomanana. Il n’est pas inutile de revenir sur les procédures qui ont été totalement bafouées puisque les droits de la défense, dans cette affaire, n’ont jamais été respectés.
L’on se demande si l’Ordre des Avocats représente encore ce qu’il doit représenter, car il ne revient nullement au tribunal (et encore moins au procureur général) de "désigner" un avocat commis d'office. La procédure normale qui, précisément, préserve les droits de la défense est la suivante: soit le Tribunal, soit l'accusé ou l'inculpé, saisit l'Ordre des Avocats d'une demande de désignation d'un ou plusieurs avocats dans le cadre de la commission d'office. Cette demande et cette saisine suspendent de droit l'audience jusqu'à ce que l'Ordre des Avocats désigne les avocats dans le cadre de la commission d'office.
Ensuite, ceux-ci demandent et doivent obtenir un délai raisonnable pour consulter le dossier d'accusation et conférer avec leurs clients.
Il appartient à l'Ordre des Avocats de défendre cette procédure et de dénoncer sa violation. La normalité à cet égard est que le Bâtonnier se présente à l'audience pour manifester la position de l'Ordre, sur ce point particulier mais aussi pour dénoncer les autres violations des principes devant assurer le respect des droits de la défense et une justice équitable selon les normes internationales auxquelles Madagascar a adhéré.
Tous ces principes ont été simplement ignorés, démontrant une fois de plus que la justice n’est plus qu’un petit auxiliaire dont la servilité est entière envers Rajoelina. Une affaire de cette gravité aurait dû nécessiter des enquêtes indépendantes et approfondies, l’audition des témoignages de ceux qui suivaient les échauffourées des bâtiments environnants, ainsi que l’avis d’experts balistiques etc.. etc... et il n’en a rien été, en deux jours, tout a été expédié !
Qu’une cour criminelle ordinaire se déclare compétente pour juger des faits incriminés à un Président de la République, n’est plus qu’une péripétie de plus dans cet océan d’arbitraire et dont la hat s’en est fait une spécialité.
A défaut d’atteindre physiquement les opposants, l’appareil judiciaire est devenu un instrument que la hat use et abuse pour les éliminer politiquement. Ces faits révèlent la gravité de la situation dans laquelle notre pays est plongé. La démocratie est moribonde et y agonise comme les malgaches qui pataugent dans la pauvreté. L’auteur de l’assassinat de la république et de son état d’esprit le 17 mars 2009, ne doit en tout cas être l’auteur du code génétique de celle qui doit naître dans l’avenir. Elle doit être exempt de tares et autres malformations et exige que son géniteur soit sain d’esprit et sans infirmités!
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