RADIO LONGO MADAGASIKARA

ACCUEIL | GALERIE PHOTO | COUP D’ÉTAT 2009 | TIAKO I MADAGASIKARA | COMMUNIQUES |
  • Manandafy Rakotonirina : un point sur la crise politique

    manandafy-crise-madagascar.jpg
    Manandafy Rakotonirina

    Dr Mouketou (D.M.): Comment allez-vous monsieur le Premier-Ministre?

    Manandafy Rakotonirina (M.R.) : Moi je me porte bien. Mais si moi je me porte bien, dans mon pays au contraire ça va mal. Les conditions sociales sont très dures. Le putschiste quand il est arrivé au pouvoir a promis un niveau de prix des denrées alimentaires très différent du prix international. Maintenant les malgaches consomment du riz à un prix supérieur au prix à l’international. De même pour le sucre et l’huile alimentaire. Donc nous avons des conditions de vie très difficiles avec les putschistes, surtout que l’aide internationale a disparu suite au coup d’Etat qu’ils ont effectué. Il faut savoir qu’à Madagascar, en 2009 -2009, 70% du budget d’investissement de l’Etat venait de l’extérieur. Et ça a disparu dès que les putschistes ont pris le pouvoir. L’Etat malgache est dans une situation. Il n’est pas en mesure de faire face aux besoins immédiats de la population. Voila la situation exacte où nous sommes.


    D.M.: Votre appréciation par rapport à la situation internationale

    M.R. : C’est possible que ça survienne à Madagascar contre le pouvoir de fait qui est là en ce moment et nous en sommes très conscients d’ailleurs. C’est pour ça je crois que mon téléphone fixe est bloqué. Ils ont pu repérer que je communiquais avec mon téléphone fixe, là vous m’avez sur mon téléphone portable.

    D.M.: Qu’en est-il de l’indépendance judiciaire à Madagascar ? Peut-on parler de séparation de pouvoirs dans votre pays ? Parce que nous savons qu’il y a des leaders politiques, des officiers, des légalistes et des défenseurs des droits de l’Homme qui sont humiliés, arrêtés sans être jugés.

    M.R. : A Madagascar, la Justice est instrumentalisée par les putschistes pour se maintenir au pouvoir.

    Particulièrement, par exemple sur l’affaire du 07 février. Le 07 février (2009), il y avait une fusillade exercée contre la foule qui marchait contre le palais du Président de la République. Ils ont condamné Marc Ravalomanana, une condamnation à perpétuité sur cette affaire. Or ce qu’il en est réellement, ce jour là, Ravalomanana était à 400 Km de la Capitale, il ne pouvait pas donner des ordres, il n’était pas au palais, mais ce sont les hommes, complices d’Andry Rajoelina qui ont tiré sur la foule.

    Un des militaires qui participait à l’opération a fait un aveu public la semaine dernière en disant que c’est un tel qui a fait le coup et qu’il était payé pour 100 millions de francs malagasy. Maintenant, les langues commencent à se délier et les choses considérées comme secrètes commencent à venir au grand jour. […] Tous ceux qui s’occupent de dénoncer ce qui se passe réellement dans le pays dont l’objet de condamnations judiciaires factices du genre condamnation avec sursit à exécution ou encore la liberté provisoire. L’actuel président de l’Assemblée Nationale de la Transition est frappé d’une disposition de liberté provisoire et peut aller en prison à n’importe quel moment. Donc il y a ce chantage. De même que le secrétaire général du TIM, monsieur Rakotoarivelo Mamy qui est frappé de la même peine. Dans ce cas là, la Justice chez nous est au service des putschistes. C’est grâce à la maîtrise de l’appareil judiciaire de manière abusive qu’ils arrivent à se maintenir au pouvoir. A Madagascar, il n’y a pas d’Etat de Droit qui fonctionne il n’y a pas respect de la liberté fondamentale.

    D.M.: Quelles sont les conséquences de la Françafrique dans votre pays ? Peut-on dire aujourd’hui que la politique de l’élite politique française n’aime pas le président malgache en exil et pourquoi la Françafrique a-t-elle joué un grand rôle dans la crise politique que Madagascar est en train de connaître ?

    M.R. : Ce qu’on sait, c’est que ça commençait à boucher un peu à Tana. J’imaginais de simples mouvements de la foule dans la rue mais le ministre français, Bernard Kouchner a téléphoné directement au président Ravalomanana, Andry Rajoelina, Roland Ratsiraka pour leur dire de calmer le jeu et à ne pas être violents. L’internationalisation d’un petit phénomène de mouvement de rue, ça venait directement du ministre français de l’époque. Imaginez un ministre français qui s’occupe d’un petit mouvement de rue à Antananarivo, moi je trouvais ça exagéré. […] Maintenant, l’ambassadeur de France est le meilleur soutien du pouvoir putschiste, mais heureusement que nous avons nos amis africains de la SADC et de l’Union Africaine qui ne sont plus sous les ordres de la françafrique et je crois qu’on aura une sortie de crise.

    D.M.: Comment faire pour sortir de cette crise politique ?


    M.R. : La crise politique, comme vous le savez c’est qu’il y avait un coup d’Etat qui a renversé un pouvoir démocratiquement élu. C’est à l’origine de la crise et la Communauté internationale a condamné ce coup d’Etat. Pour s’en sortir, il faut aller vers les élections comme le disent les français, mais avant cela, il faudra avoir un appareil électoral correct. Dernièrement, le pouvoir de fait s’est amusé à organiser un Référendum, mais il n’avait pas les moyens d’organiser un Référendum correct. Il fallait 70 milliards de nos francs pour organiser correctement une élection correcte au niveau national. Le pouvoir a mis à la disposition de la CENI 50 milliards fmg. Par conséquent, les cartes électorales manquaient, beaucoup de circonscriptions n’avaient pas de liste électorale. A partir de cela, ils pensent imposer une Constitution visant à certifier Andry Rajoelina comme étant le Président de la République en attendant les élections présidentielles. Indirectement, ils pensent obtenir une légitimité usurpée à travers un Référendum truqué. Pour s’en sortir, il faudra mettre en place un régime Constitutionnel. Nous proposons la mise en place d’un Praesidium composé de trois chefs d’Etat, les anciens présidents Albert Zafy, Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana qui sont les signataires de la convention de Maputo.

    [Lire la suite de la proposition ici.]

    http://www.tananews.com/

    Aucun commentaire:

    Enregistrer un commentaire