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  • Madagascar: La paix à n'importe quel prix ?

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    Les trois ans d’occupation du pouvoir par Rajoelina n’échappent pas à l’examen de son bilan : zéro pointé!  Celui qui a promis le paradis à ceux qui sont venus l’écouter sur la place du 13 mai en 2009, a rendu le quotidien des malgaches comme un enfer. Dégradation généralisée de tous les domaines relevant directement des prérogatives de l’état. Sécurité, santé, éducation, emploi, pouvoir d’achat, inflation et pour ne citer que ceux là, tous ces sujets ont régressé.

    Madagascar est actuellement le pays le plus pauvre du continent africain. Ce constat plus qu’accablant doit s’inscrire d’une manière définitive à son passif et devrait l’exclure de tout mandat politique. Mais c’est sans vergogne que l’auteur de ce cauchemar, annonce son intention d’organiser au plus vite les élections.  Pire, malgré l’injonction de la Sadc,  c’est aussi avec beaucoup de morgue qu’il reporte à deux reprises la promulgation de cette fameuse loi d’amnistie.


    Après six mois de sa signature, la feuille de route est plus  une formalisation de l’attribution de tous les leviers de pouvoir entre les mains de l’auteur du coup d’état qu’à une volonté collective de gouverner pour l’ensemble des malgaches. Que l’on ne s’étonne pas aujourd’hui si Madagascar ressemble à un bateau en perdition.

    En co-signant cette feuille de route, la mouvance Ravalomanana  n’a pas seulement fait une énorme concession mais a rendu un grand service au putschiste : il est devenu consensuel sans rien partager et en décidant de tout !

    Si l’appel au pardon lancé par le président Ravalomanana est d’abord motivé par le souci qu’il a, de l’intérêt du peuple malgache,  c’est aussi une des conséquences de l’intégration de sa mouvance dans cette transition totalement inéquitable et déséquilibrée.

    Mais vouloir la paix justifie-t-il tous les sacrifices ?

    Le débat devient aussi philosophique car il implique la morale et la conscience, deux mots ayant disparu du lexique  politique malgache. La réconciliation ne doit pas se faire au détriment de certaines valeurs et ne doit pas servir à occulter l’origine du mal actuel. Il ne suffit pas de casser le thermomètre pour faire disparaître  la fièvre. Faire un bon diagnostic est déjà un pas vers la guérison.

    En tout cas, il est en effet grand temps que la société malgache toute entière se reprenne car le mal actuel concerne d'abord l’âme et l’esprit. Cette crise aura réveillé tous les bas instincts de l’être humain, justifiant davantage l’usage de tous les moyens pour arriver à ses fins.

    Il est impérieux que les référents cultuels et moraux s’impliquent encore plus dans l’intermédiation mais qu’ils se débarrassent préalablement de leurs éléments douteux.    

    Aucun malgache digne de ce nom ne peut rester indifférent et en marge, au drame  qui concerne la majorité de ses compatriotes aujourd’hui, sauf à se contenter d’observer sans ciller, derrière son ordinateur, la destruction de son pays. 


    http://www.tim-madagascar.org 

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