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| il s'agit du cas typique de Madagascar sous l'ère Rajoelina, à savoir un règne sans précédent de la mauvaise gouvernance |
Déjà en propagande pour les élections
présidentielles, Andry Rajoelina se défend d'avoir réalisé du concret
durant sa longue transition.
Il y a eu effectivement quelques
réalisations. Mais de l'autre côté, il y énormément de promesses non
encore tenues, dont certaines ne pourront probablement jamais être
réalisées, sauf si la transition se perpétue. Par ailleurs, ce ne sont
pas seulement les critiques de l'opposition qui disent que rien ne va
comme il le faut actuellement. Les bailleurs de fonds par exemple
publient quasi régulièrement des rapports qui démontrent l'incroyable
retour en arrière vécu par le pays depuis le coup de force de 2009.
Dépassés par les pauvres. A
l'instar de la Banque Mondiale dont le dernier rapport sur les
politiques et institutions nationales (Country Policy and Institutional
Performance ou CPIA) exclut Madagascar du rang des pays africains
performants. « Le dernier rapport dont dispose la Banque mondiale sur
les politiques et institutions en Afrique subsaharienne indique une
amélioration du contexte politique dans 13 des pays les plus pauvres de
ce continent – un contexte politique plus favorable à la croissance et
qui réduit la pauvreté. Les pays concernés sont : les Comores, la
République du Congo, la Côte d’Ivoire, l’Ethiopie, la Gambie, la Guinée,
la Guinée-Bissau, le Libéria, la République démocratique de Sao Tomé et
Principe, le Sénégal, le Togo, la Zambie et le Zimbabwe ». Une
exclusion qui ne fait évidemment pas honneur à la Grande Ile surtout
quand on sait que ces pays qui nous dépassent figurent dans le rang des
Etats les pays pauvres en Afrique.
Etats fragiles. En somme, et
comme l'indiquent les spécialistes de la conjoncture économique
internationale, Madagascar est dans la catégorie des États fragiles.
Selon un article paru dans la Revue de MCI (Madagascar Conseil
International), « c'est la détérioration du CPIA qui fait qu'un Etat
bascule dans le concept d’État fragile dont les critères sont: une
absence ou peu de consensus clair entre les bailleurs et le gouvernement
sur les stratégies de développement, les pays caractérisés par un
conflit prolongé ou par une impasse politique nationale ». Bref, il
s'agit du cas typique de Madagascar sous l'ère Rajoelina, à savoir un
règne sans précédent de la mauvaise gouvernance.
La Revue de MCI indique
notamment : « Quant au critère sur la mauvaise gouvernance, celle-ci
est pointée du doigt notamment dans le domaine de la corruption. Le
classement mondial de Transparency International place Madagascar parmi
les pays fortement corrompus vacillant entre la 99e et la 123e place des pays les plus touchés depuis la transition. Quant à la gouvernance, Madagascar était 14e sur 53 pays en 2008 avant de régresser au 35e rang en 2011.
Incapacité. On ne dira en tout
cas pas que c'est la faute de l'ancien Président Marc Ravalomanana qui
n'est plus au pays depuis 2009, une année à partir de laquelle, le pays a
commencé à sombrer petit à petit pour devenir cet Etat fragile défini
par les bailleurs de fonds. Un Etat fragile dont la situation se résume
ainsi: « Incapacité de l'Etat à assurer convenablement la sécurité des
biens et des personnes, mauvaise gouvernance, incapacité de l'Etat à
fournir convenablement les services sociaux de base à la population,
manque d'unité au sein de l'Etat (cas des conflits HAT-gouvernement) et
surtout un fonctionnement de plus en plus anormal des institutions.
R. Edmond
source:Midi Madagasikara

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