Quatre ans, le temps qu’il a fallu à la communauté internationale pour accepter l’évidence : le changement de pouvoir à Madagascar en Mars 2009 est bien le résultat d’un coup d’état et son auteur est Rajoelina. Il n’est jamais trop tard pour bien faire comme dit l’adage, mais c’est bien la preuve que l’intérêt des peuples n’est pas la première préoccupation des organisations internationales impliquées dans la résolution de la crise malgache.
Quel peut être le motif de cette soudaine lucidité ? Si ce tardif revirement doit être accueilli positivement, il n’en demeure pas moins suspect puisqu’en décryptant le contenu des derniers communiqués rendus publiques au sujet des candidatures aux prochaines présidentielles, il cache bien d’autres desseins.
La crise malgache est en elle-même un laboratoire in vivo de la géopolitique où les acteurs, souvent des pays, se gardent bien d’avancer à visage découvert. Tous les coups sont permis et si les malgaches ont appris que l’amitié entre pays n’est qu’un leurre, les relations n’existent que par intérêt.
On redécouvre alors l’usage qui est fait de ces organisations telles que la COI, l’OIF la SADC etc etc.., par les pays qui en assurent majoritairement le financement de leur fonctionnement.
Le cas de la Sadc intéresse particulièrement les malgaches et mérite qu’on y accorde une brève halte. Sans vouloir entrer dans le détail de son mode de fonctionnement, plus personne n’ignore la domination des mozambicains au sein de son secrétariat exécutif, instance assurant principalement l’administration au sens logistique du terme mais qui a montré son inclination politique lors des innombrables rédactions et publication de communiqués. Si l’organe décisionnel et politique de l’organisation demeure le sommet des chefs d’état des pays la composant et de la troïka, on a fini par s’habituer à lire des communiqués utilisant des formulations ne reflétant pas toujours fidèlement les résolutions prises au sommet.
Comme lors de ce fameux sommet de Sandton à l’issu duquel, il avait fallu un nombre incalculable de navettes entre la salle de rédaction, endroit qui servait de bureau à mr Salomao, et celle où se tenait le sommet. Certains chefs d’état demandaient à corriger des mots, voire des phrases entières… quand d’autres malheureusement, ayant déjà quitté les lieux. C’est donc un moment ou souvent se glissent les « erreurs »…
Quant à mr Chissano, médiateur et émissaire de la Sadc, et ses innombrables séjours à Antananarivo dont on ignore réellement les motifs puisqu’on a l’impression qu’il y va surtout pour prendre du bon temps.
Qu’il soit permis aux malgaches de douter de ses intentions et de sa neutralité en suivant la teneur de ses déclarations et leurs contradictions, en sachant aussi par avance que l’organisation qui le missionne ne le désavouera jamais.
Les incohérences et les contradictions des décisions prises pour la résolution de cette crise reflètent la mauvaise foi qui prévaut chez tous les responsables impliqués dans les chaines de décision.
Tout porte à voir et à prouver que le renversement de pouvoir avait pour unique but de neutraliser un président élu ne correspondant pas au profil attendu de certains intérêts étrangers. Ce coup d’état se prolonge par ce long processus d’élimination politique et la candidature inattendue de Lalao Ravalomanana en est un accroc.
Tout l’édifice diplomatique international se remet de nouveau en branle pour empêcher le peuple malgache de se réapproprier de ses droits. Puisqu’il est devenu difficile de défendre la candidature hors délai Rajoelina, la CI se venge en qualifiant d’illégitime celle de Lalao Ravalomanana. Tirs groupés et copier-coller, en veux-tu, en voilà : Coi, Oif, Fabius, Ban Ki Moon y est aussi allé de son petit couplet… celui-là, il est vraiment dans la lune!
L’on ne fera jamais croire aux malgaches que ces « puissants » découvrent seulement ce jour que Rajoelina est un putschiste et malgré cela on lui a confectionné une feuille de route lui accordant des pouvoirs que même un président élu ne dispose pas. Mais les temps ont changé et il est devenu de plus en plus encombrant même pour ceux qui l’ont soutenu et sa mission n’est pas achevée. L’article 4 du dernier communiqué du Cps scelle son cas pour le futur mais avant qu’il soit jeté, ses commanditaires voudraient bien qu’il remplisse son contrat et finisse le travail. Fait-on semblant aussi d'oublier que les dispositions de la charte sur la bonne gouvernance de l'UA interdit l'auteur d'un coup d'état de participer à l'organisation d'une élection?
L’embarras de ces organisations qui prétendent représenter la CI ressemble à l'attitude d'un un père fouettard alzheimer. Invoquer l’esprit de la feuille de route pour traiter d’illégitime la candidature de Lalao Ravalomanana est d’une honnêteté douteuse surtout que dans le même temps l’article prévoyant le retour de tous les exilés est soigneusement mis de côté. Qui a peur de qui ?
Il faudrait bien que tous ces biens pensants qui sont au chevet de ce pays malade, assument qu’ils ne cherchent pas sa guérison mais de son endormissement. Il sera difficile de faire avaler à 20 millions d’individus, une potion connue d’avance comme empoisonnée et les faire croire qu’ils s’en porteront mieux après.
Ces médiateurs aux desseins obscurs doivent comprendre que l’opinion publique malgache a intégré le rôle qu’on essaie de lui faire jouer. Les malgaches n’accepteront plus de servir comme un simple variable d’ajustement car ils ont décidé de prendre leur destin en main.
De même, insister sur le retrait d’une candidature légitime et validée est un manque de respect envers ce peuple qui est déjà engagé dans un nouveau défi.
Celui d’élire la mieux placée pour défendre et redonner la fierté d’être malagasy !

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