L’unique femme de l’équipe des journalistes à avoir été emprisonnée, Josiane Ranaivo raconte le déroulement de son arrestation. Encore sous le coup de l’émotion, elle narre comment elle se retrouve en une nuit dans les couloirs du violon, entre angoisse et déprime. Elle relate comment elle a vécu les 103 jours à ‘’Ambany Atsinanana’’.
Témoignage.
« Dans la nuit du 20 Mai, après l’affaire FIGN, alors que mes collègues et moi étions sur le point de rentrer chez nous, un Mazda a subitement surgi de nulle part et a barré le taxi qui nous a emmené. Les occupants y sont descendus et nous ont forcés de sortir. Ahuris, nous leur avons expliqués que nous étions des journalistes. « Exact, dis l’un d’eux. Nous sommes venus spécialement pour vous. Veuillez nous suivre ». Ils nous ont acheminés dans les bureaux de la brigade criminelle.
Notre enquête préliminaire s’est déroulée cette nuit même. Après des heures interminables de questions-réponses, ils ont décidé de nous enfermer dans les violons. Cela a été terrible pour nous tous. Je n’avais sur moi que mon sac, et mes propres vêtements.
Je n’ai pu douter une seule minute que cet endroit répugnant allait devenir mon lieu de séjour durant une semaine. Je ne n'ai pu deviner que ce n'était qu'une infime partie de mon calvaire. Le 27 Mai, en route chez le juge d’instruction. Après nous avoir écoutés durant des heures, le verdict est tombé ‘’mandat de dépôt’’. Nous sommes inculpés pour incitations aux troubles d’ordres publics, non respect de la déontologie et atteinte à la sureté de l’Etat. J’ai cru que le monde allait s’écrouler. Sans le savoir, j’étais dans le véhicule qui nous conduisit à Antanimora. Après le remplissage des papiers administratifs, nous avions rejoint chacun nos cellules. Cela a encore été un coup dur pour moi, car mes collègues sont tous partis chez les hommes et j’ai regagné la cellule pour les femmes. Il était 21H. Tout le monde dormait. On m’a indiqué ma literie et je me suis retrouvée là, toute seule, effarée, esseulée, déprimée. Je n’ai pu avaler quoique ce soit durant les deux semaines qui ont suivies. Je ne me suis adaptée qu’après un mois ».
Mon long séjour en prison m’a cependant appris une chose importante ; le fait d’être complaisant. Car mes compagnes de cellules étaient toutes susceptibles. Le fait que nous soyons nombreuses, l’exigeaient également. A mon arrivée nous étions 50 dans la même cellule, puis cela a diminué à 30. Le chiffre variait beaucoup. Ces femmes sont détenues pour diverses raisons. La cause politique, mais la plupart y sont retenues pour vol. L’une d’entre elles, a écopé, par exemple d’un emprisonnement de trois mois pour avoir volé la somme de 3500 Ariary, une autre pour avoir dérobée une paire de boucles d’oreilles à leur employée.
Pour ce qui est du respect des droits humains, notre système reste à envier. Si je ne me référerais uniquement que sur la question d’infrastructure. Faute de cellules, on nous place toutes dans le même cachot. Un certain moment j’ai cohabité avec des toxicomanes.
Les journées me paraissaient interminables. La visite de ma famille et des amis m’a permise de tenir. Mon plus grand bonheur était les jours de visites. J’ai failli oublier, il y a aussi les petits mots d’encouragement que je recevais de temps en temps, de la part des journalistes. Mais si j’ai pu tenir durant ces 103 jours d’incarcération, c’est grâce à Dieu. J’ai su qu’il m’accompagnait au cours de cette rude épreuve, c’est lui qui m’a envoyé là-bas pour témoigner de sa Grandeur.
A ma sortie de prison, on m’a demandé si je poursuivrais encore mon travail de journalistes. Oui sans hésitation. Je réitère ce que j’ai toujours avancé, en temps de crise, la Vérité est la première victime. Cette vérité c’est l’information. Et je lutterai pour cette information. La vraie.
Notre enquête préliminaire s’est déroulée cette nuit même. Après des heures interminables de questions-réponses, ils ont décidé de nous enfermer dans les violons. Cela a été terrible pour nous tous. Je n’avais sur moi que mon sac, et mes propres vêtements.
Je n’ai pu douter une seule minute que cet endroit répugnant allait devenir mon lieu de séjour durant une semaine. Je ne n'ai pu deviner que ce n'était qu'une infime partie de mon calvaire. Le 27 Mai, en route chez le juge d’instruction. Après nous avoir écoutés durant des heures, le verdict est tombé ‘’mandat de dépôt’’. Nous sommes inculpés pour incitations aux troubles d’ordres publics, non respect de la déontologie et atteinte à la sureté de l’Etat. J’ai cru que le monde allait s’écrouler. Sans le savoir, j’étais dans le véhicule qui nous conduisit à Antanimora. Après le remplissage des papiers administratifs, nous avions rejoint chacun nos cellules. Cela a encore été un coup dur pour moi, car mes collègues sont tous partis chez les hommes et j’ai regagné la cellule pour les femmes. Il était 21H. Tout le monde dormait. On m’a indiqué ma literie et je me suis retrouvée là, toute seule, effarée, esseulée, déprimée. Je n’ai pu avaler quoique ce soit durant les deux semaines qui ont suivies. Je ne me suis adaptée qu’après un mois ».
Conciliant
Mon long séjour en prison m’a cependant appris une chose importante ; le fait d’être complaisant. Car mes compagnes de cellules étaient toutes susceptibles. Le fait que nous soyons nombreuses, l’exigeaient également. A mon arrivée nous étions 50 dans la même cellule, puis cela a diminué à 30. Le chiffre variait beaucoup. Ces femmes sont détenues pour diverses raisons. La cause politique, mais la plupart y sont retenues pour vol. L’une d’entre elles, a écopé, par exemple d’un emprisonnement de trois mois pour avoir volé la somme de 3500 Ariary, une autre pour avoir dérobée une paire de boucles d’oreilles à leur employée.
Pour ce qui est du respect des droits humains, notre système reste à envier. Si je ne me référerais uniquement que sur la question d’infrastructure. Faute de cellules, on nous place toutes dans le même cachot. Un certain moment j’ai cohabité avec des toxicomanes.
Foi
Les journées me paraissaient interminables. La visite de ma famille et des amis m’a permise de tenir. Mon plus grand bonheur était les jours de visites. J’ai failli oublier, il y a aussi les petits mots d’encouragement que je recevais de temps en temps, de la part des journalistes. Mais si j’ai pu tenir durant ces 103 jours d’incarcération, c’est grâce à Dieu. J’ai su qu’il m’accompagnait au cours de cette rude épreuve, c’est lui qui m’a envoyé là-bas pour témoigner de sa Grandeur.
Vérité
A ma sortie de prison, on m’a demandé si je poursuivrais encore mon travail de journalistes. Oui sans hésitation. Je réitère ce que j’ai toujours avancé, en temps de crise, la Vérité est la première victime. Cette vérité c’est l’information. Et je lutterai pour cette information. La vraie.
Écrit par Naddyah.R

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