A Monsieur le procureur de la République
A Madame le Ministre de la Justice,
A Monsieur le directeur de la prison de Tsiafahy,
Le 20 octobre 2010 à la prison de Tsiafahy,
Objet : Demande sur l’honneur de sortie des prisonniers politiques sans condition et avis de grève de la faim
Mesdames, Messieurs,
Nous avons l’honneur d’écrire cette lettre aux responsables de la situation actuelle du pays.
Nous entamons une grève de la faim le 21 octobre 2010 jusqu’à ce que vous nous fassiez sortir et que vous publiez notre point de vue, même s’il diffère du vôtre.
Nous vous faisons savoir que nous n’avons pas de problème avec le directeur de prison, mais plutôt avec la magistrature et le système judiciaire qui ne sont pas indépendants et semblent agir sous la contrainte exercée par le gouvernement actuel. Il est clair aujourd’hui que nous devons sortir de prison, car nous somme détenus de manière arbitraire, et sous des motifs totalement fallacieux pour nous maintenir plus longtemps en prison. Alors que nous venions d’obtenir une liberté provisoire, nous avons été remis le jour même en prison pour de nouveaux motifs.
C’est face à toute cette situation que nous allons mettre en œuvre notre grève de la faim jusqu’à ce qu’on nous fasse tous sortir. N’oubliez pas que vous êtes responsables des conséquences de ces violations des droits de l’Homme, vous les membres du gouvernement de transition ainsi que vous, les membres de la magistrature qui acceptez de vous laisser diriger et manipuler ainsi.
Nous espérons que vous allez étudier notre requête.
Nous vous remercions, et vous prions de croire en l’assurance de nos sentiments distingués.
Que notre demande soit vue par tous et par le monde dans son ensemble.
Nota bene :
Pour plus de précisions, voici ce que nous déplorons et que nous souhaitons que tout le monde sache :
1. Certains d’entre nous ont obtenu la liberté provisoire et ont été rapidement détenus de nouveau après pour d’autres motifs. Des prisonniers politiques incarcérés à Antanimoro et qui étaient déjà très malades ont été transférés à Tsiafahy, prison dans laquelle les conditions de détention sont extrêmement dégradantes. Cela revient à nous tuer de façon détournée, et nous refusons cela !
2. Le doyen du juge du troisième cabinet a dit que cela vient d’un ordre supérieur. Mais depuis quand la Haute autorité de transition a le droit d’imposer de tels ordres ?
3. Votre façon de faire actuellement prouve que vous remettez en cause les efforts du président Marc RAVALOMANANA d’assurer l’indépendance des juges dans l’exercice de leurs fonctions.
4. Où est donc cette justice indépendante ?
5. Est-ce que les affaires du tribunal et de la justice s’apparentent à des jeux d’enfants ? Il semble que c’est le cas, dès lors que l’on peut changer des jugements l’instant d’après pour arranger les personnes au pouvoir.
6. Nous ne sommes que des boucs émissaires au niveau politique afin de museler les légalistes et que nous n’ayons plus la liberté d’expression et de nous dissuader d’exprimer notre opinion. NON nous refusons d’être traités ainsi.
Les prisonniers du secteur IV :
1. RAMANANDRAIBE
2. FIKISY Lydie
3. TOMBO Jean Claudio
4. RAVESOARISON Hajatiana
5. RAKOTOMALALA Lovasoa
6. RANDRIANARIMANANA Fidel
7. RANDRIAMORA Harifanja Rado
8. RAKOTOARINTSLAMA Herinarivo Henri
9. RANDRIAMIHAMINA Jacques Franck
10. RANDRIANASOLO Herimalala Frederic
11. RAZAFINDRAOIZY Odilon Parfait
12. SAMOELISON André Felix
13. RAKOTOMPANAHY Andry
14. RANDRIANJAFY Raymond
15. RANDRIAMAHAFALY Hubert Michel
16. ALFRED Jean Luc
17. MAROJORO Célestin


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire