Tout est dans le titre ! Lors de la signature de la Charte de transition à la date du 9 août 2009, les futurs dirigeants de la transition disposaient, en effet, d'un délai de 15 mois au maximum à compter de cette date pour organiser le référendum, les élections présidentielles et les législatives. Si les choses se déroulaient donc comme prévu, nous aurions à ce jour non seulement un président élu mais on n'aurait pas parlé non plus de dizaine de milliers d'emplois perdus, de retards de paiement de salaires des fonctionnaires, de routes mal entretenues, de drames humains, de pénurie des produits TIKO,... malheureusement l'intérêt supérieur de la Nation ne coïncide pas forcément avec les intérêts de cette nouvelle nomenklatura qui a fait son apparition après le putsch de mars 2009.
- Les accords de Maputo en question
Nous savons que chaque fois qu'il rentrait de Maputo ou d'Addis-Abbeba, Andry Rajoelina disait le contraire de ce qu'il avait signé. Réagissait-il sous la pression de ses alliés ou s'agissait-il d'une stratégie préparée d'avance ? Lui seul connaît la réponse mais toujours est-il qu'en fin manipulateur (pour ceux qui doutent encore du talent manipulateur de cet homme, je les invite à visionner cette vidéo http://www.facebook.com/video/video.php?v=142277922485908&oid=370855988866&comments ), il justifiait ses voltes-faces par l'impossibilité de travailler avec les autres mouvances et par le fait que ces accords ont été imposés de l'extérieur. Mettons les choses au clair :- Premièrement, ces accords ont été concoctés par les conseillers des 4 mouvances, la CI n'y a joué qu'un rôle de médiateur-facilitateur. J'enfonce même le clou en affirmant que la forte pression exercée par l'équipe d'Alain Joyandet sur Rajoelina durant ces pourparlers était beaucoup plus pesante que celle exercée par la CI sur les 4 mouvances, souvenons-nous de la fameuse réunion de Carlton du 6 octobre 2009 où Joyandet avait réussi à imposer Rajoelina comme président de la transition.
- Deuxièmement, un gouvernement de transition est par définition un gouvernement d'union nationale, et il est donc tout à fait logique que toutes les tendances y soient représentées. La composition du gouvernement de transition de Guy Willy Razanamasy de 1991 n'était pas moins disparate que celle de Maputo, et pourtant il n'y avait jamais eu de clash durant cette cohabitation et leur mission avait été accomplie dans les délais impartis ! Il est vrai en revanche, et cela ne devrait pas trop arranger Rajoelina, qu'il est interdit au président de la transition d'engager seul l'avenir de la Nation en signant des contrats à long terme, comme la construction d'un tramway par exemple.
- Faute d'accord, Madagascar est devenu un pays de non-droit
Tous les Malgaches qui rentrent du pays rapportent la même histoire : "Tout le monde fait ce qu'il veut en ce moment au pays, et pour une histoire de tondro-molotra vous risquez de finir en prison". Les Malgaches sont en train de se rendre compte que non seulement aucune des promesses de la place du 13 mai n'a été tenue mais on assiste en plus à une dégradation du climat politique, des principes démocratiques, du mode de gouvernance et de l'économie :- Fermeture de 80 stations audiovisuelles en quelques mois et d'après le Collectif des journalistes, "Madagascar s'achemine vers le retour inconditionnel de la censure, l'installation de la pensée unique et une condamnation et traitement arbitraire des organes de presse" ;
- Le retour d'une pratique politique qu'on croyait révolue avec la promesse des sièges aux opportunistes de tout bord en échange de leur silence ;
- Rajoelina avait reproché l'achat d'Air Force One par l'ancien locataire, mais il ferait probablement plus d'économie en empruntant Air Force One au lieu d'affréter deux avions à chacun de ses déplacements : un jet privé pour lui et une ligne régulière pour ses accompagnateurs.
- Madagascar à contre-courant de l'histoire
Depuis le début des années 90, Madagascar s'était engagé sur la voie de la libéralisation, de la bonne gouvernance, de la mondialisation, de la transparence, mais surtout de la démocratie. Les autorités de fait actuelles ont stoppé net cet élan, la suppression du terme FAHAFAHANA dans la Constitution en est le symbole. En 1958, quand l'Armée avait fait appel au Général de Gaulle pour la défense de l'Algérie française, ce dernier après avoir analysé le contexte mondial et la position de la Communauté internationale, était revenu sur ses promesses et avait finalement accordé l'autodétermination à l'Algérie. On doit empêcher par tout moyen que le pouvoir de fait actuel, ainsi que ceux qui le soutiennent, conduisent notre pays à contre-courant de l'histoire.
Bill Razily, Bordeaux, 1er décembre 2010

C'est dommage que mon commentaire concernant cette fiction politique n'a pas été publié na dia ho an'ny liberté d'expression fotsiny aza.
RépondreSupprimerAlors j'insiste en disant que si Ravalomanana ou Rajoelina ont respecté (Hanaja toy ny anakandriamaso araky ny velirano fanaon'ny filoha) la constitution en donnant le plein pouvoir au président du sénat comme, nous aurios eu un président élu 90j après le 17 Mars 2010.
Ny fanontaniana mipetraka dia hoe "Raha ianao koa no tonga eo amin'ny fitondrana: moa hanaiky hiala tsy misy ra latsaka ve ianao raha misy ny tsy fahafaliambahoaka @ fitondrana sa hanao toy ireo teo aloha ?"
Le seul président élu qui a accepté de quitter le pouvoir, chassé par un minorité du peuple malgache, sans éffusion de sang reste Zafy Albert.
Il est le seul président élu non exilé depuis 1975...
Le probleme à Madagascar n'est pas un problème de personne mais un problème de système.
Tant qu'on ne change pas le système, na iza na iza no hitondra ity firenena ity dia tsy hisy liberté d'expression, altérnance par les urnes MIHINTSY eto Madagasikara fa dia ho fanongnampnajakana foana no hanalana izay tonga eo satria samy hidongy toerana avokoa toy ny mahazatra, na ny antitra na ny tanora !!!