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| Fetison Rakoto Andrianirina |
Jamais sans doute communiqués aussi
foisonnant de formules aussi frustrantes et aussi entremêlées de
considérations n’ont été offerts à la réflexion du citoyen de base que
nous sommes.
La Troïka de la SADC et la Haute
Représentante pour les Affaires étrangères de l’Union Européenne ont
fait très fort en la matière en ce mois de mai, à la lecture de leurs
communiqués desquels bien malin celui qui y verrait clair et qui
pourrait en prendre de la graine !
Le message sous-jacent est compris : «
Silence ! Il n’y a plus rien à dire ni à amender ». Malgré toutes les
formes d’oppression : contre les opposants, contre la presse, contre la
simple conscience qu’a tout individu censé de vouloir ses libertés
fondamentales respectées, une certaine communauté internationale, du
haut de son piédestal, s’érige soudain en censeur et évite soigneusement
de désigner le Président de la Transition et ses soutiens comme étant
les fossoyeurs de la Feuille de Route. Dès lors, ainsi que ces derniers
s’y croient autorisés en permanence, le message est entendu : « Silence !
On réprime ! ». Et les forces de l’ordre bastonnent à tout va.
Les alertes, dénonciations et
protestations de toutes natures de la société civile et d’organisations
représentatives, toutes conscientes de leur devoir pour le salut de
toute une nation, et devant le désespoir de tout un peuple ne semblent
pas déranger une frange de la communauté internationale installée dans
le confort d’une rhétorique dite diplomatique pour se donner un beau
rôle, et de menacer de sanctions ceux-là mêmes qui défendent l’esprit et
la lettre de la Feuille de Route et en réclament la stricte application
de ses dispositions.
L’équation démocratique est pourtant
simple et évidente : dans l’exercice nécessaire de sa souveraineté, seul
le Peuple peut trancher sur la crise en se choisissant celui qui
présidera à ses destinées. Mais il lui faut la confiance que les
institutions sont à même d’offrir un processus électoral fiable et qu’en
tant qu’électeur, il ne soit aucunement pré-conditionné.
Or, au vu des gesticulations actuelles
et autres interminables tractations dont le Peuple reste un spectateur
sceptique, tous les doutes sont permis. Quelles garanties
institutionnelles, juridiques, techniques et pratiques, en dehors de la
phraséologie habituelle « d’élections libres et transparentes », lui
sont offertes pour éviter qu’on ne s’achemine vers un système où les dés
sont pipés afin d’écarter untel ou untel et quand le Président de la
Transition déclare que la prétendue « constitution » de la IVème
République de son invention, à la suite d’un processus référendaire
dévoyé, constitue désormais la charte fondamentale ?
Jusqu’à quel degré, le désespoir d’un
Peuple doit-il arriver pour qu’enfin ses légitimes interpellations
soient entendues ? Aujourd’hui, ses clameurs grondent. Le pire peut être
évité si tous les acteurs, y compris la communauté internationale,
arrêtent avec cette politique de l’autruche.
Fait à Antananarivo, le 23 mai 2012

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