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  • Madagascar: terre de bandits impitoyables


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    Et la sécurité s’est focalisée sur la sécurité du régime, et non sur la sécurité humaine...

    AMBOTRAGANO, 21 juillet 2012 (IRIN) - Il aura fallu deux ans à Zakamihaingo Razafindranoivo, 37 ans, pour réunir 900 dollars afin de remplacer ses deux zébus volés (une vache à bosse caractéristique de Madagascar, un bien précieux) en vendant des légumes et des épices qu’il avait fait pousser sur sa parcelle de terre à Ambotragano, un village à environ 20 km au nord de la capitale, Antananarivo.


    « À 9 heures du matin, j’ai jeté un coup d’œil [aux zébus] et ils étaient toujours là et, deux heures plus tard, ils avaient disparu », a-t-il dit à IRIN. « J’ai besoin d’eux pour travailler dans les champs, pour tirer la charrette et pour produire de l’engrais. Ces animaux sont importants ».

    M. Razafindranoivo et des volontaires de la communauté ont suivi la trace des voleurs de bétail trois jours durant avant d’abandonner la traque. Ils affirment que le vol de bétail et de nourriture a augmenté depuis 2009 – après que Andry Rajoelina a pris le pouvoir avec l’aide de l’armée et a obligé le président Marc Ravalomanana, élu à deux reprises, à s’exiler en Afrique du Sud.
    (...)

    La réforme du secteur de la sécurité

    L’anarchie rurale grandissante a pour toile de fond un manque de réforme efficace du secteur de la sécurité. Dans l’ensemble, Madagascar a hérité et a maintenu un système de sécurité tripartite : une armée composée de 12 500 hommes - bien que la structure des officiers haut gradés soit suffisante pour une armée de plus de 400 000 soldats ; une gendarmerie de 8 100 personnes censées assurer la sécurité dans les zones rurales ; et une police d’environ 20 000 hommes, soit un officier pour 1 000 habitants. Au sein de la hiérarchie sécuritaire, le chef de police du pays a un rôle subalterne.

    Selon l’enquête SAS, « La gendarmerie est caractérisée par une proportion excessive d’officiers haut gradés, l’ingérence dans la politique intérieure et l’enrichissement personnel – à l’image de l’armée. […] En définitive, [la gendarmerie] est un service inefficace sur le vaste territoire insulaire ».

    Les forces aériennes malgaches – composées de quelques centaines de personnes – disposent d’une flotte vieillissante de plusieurs appareils, tandis que la marine – dont l’effectif est de 500 – possède environ six bateaux patrouilleurs, ce que les analystes considèrent insuffisant pour patrouiller le long des 4 828 km de littoral de la quatrième plus grande île du monde. Madagascar abrite de nombreux ports naturels qui offrent des points d’ancrage pour les navires de haute mer – et ne permettent qu’une faible résistance à l’exportation illégale des ressources terrestres et maritimes.

    L’auteur de SAS, M. Kartas, indique que, depuis le coup d’État de 2009, les conditions de vie dans les zones rurales ne se sont pas améliorées et « de plus, avec le nouveau régime, l’influence militaire en politique a augmenté considérablement. Et la sécurité s’est focalisée sur la sécurité du régime, et non sur la sécurité humaine ».

    Les officiers de l’armée ont carte blanche dans les zones rurales ?

    M. Rajoelina a cité les Forces d’Intervention Spéciales (FIS), unité militaire bien équipée, comme un corps capable de combattre les ‘dahalo’ mais, en pratique, ils ont seulement supprimé les éléments suspectés de planifier un contre coup d’État pour renverser le gouvernement de M. Rajolena, en 2010.

    M. Kartas a dit que « l’autorité et la place [de l’unité] dans l’appareil de sécurité reste trouble ». Certains officiers des FIS sont issus des casernes du Corps d’armée du personnel et des services administratif et technique (CAPSAT) à Antananrivo, qui avait apporté un soutien considérable à M. Rajolena lorsqu’il a démis le président Ravalomanana.

    M. Zoumenou de l’ISS a déclaré que M. Rajolena avait fait des « concessions » à la classe des officiers de l’armée en leur permettant, en gros, de « faire ce qu’ils voulaient » dans les zones rurales, en échange de leur soutien pour son maintien au pouvoir, et « maintenant, tout est possible ».

    M. Pigou de l’ICG déclare : « Les militaires restent les faiseurs de rois – même si la nature de leurs relations avec certains hommes politiques est symbiotique. Tout accord doit, d’une manière ou d’une autre, passer par eux pour qu’ils ne puissent s’y opposer. Même s’ils sont peut-être incapables, à eux seuls, d’offrir une solution politique ou une alternative, on peut imaginer qu’aucune ‘solution’ politique n’aurait de fondement solide sans leur bénédiction ».


    « S’ils [les ‘dahalo’] deviennent une force disciplinée et bien équipée, l’armée nationale et les forces de sécurité feront face à un redoutable défi »

    M. Jütersonke a dit que le vol de bétail était une activité rentable mais que la vraie question était la suivante : Les ‘dahalo’ se sont-ils tournés vers d’autres activités criminelles et « vont-ils, ne serait-ce que commencer à adopter ou à exprimer des objectifs politiques ? S’ils [les ‘dahalo’] deviennent une force disciplinée et bien équipée, l’armée nationale et les forces de sécurité feront face à un redoutable défi ». 



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    ar/go/cb 

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