Et
pourtant vers la fin 2008, Madagascar était sans conteste sur une
dynamique positive, inconnue jusqu’alors, faisant augurer des
lendemains encourageants, prévus pour sortir le pays de la pauvreté. La
maitrise des finances publiques et le rythme de croissance auraient
permis d’atteindre, en tendance, les critères de l’OMD, intégrés dans
le cadre de la réalisation du MAP. Cet ensemble programmatique
définissait des « défis », fixait les secteurs prioritaires pour servir
de courroie d’entrainement et irriguer tout le reste (infrastructures,
agriculture, énergie, sans oublier la bonne gouvernance, la solidarité
nationale…). Bref, l’espoir n’était plus un mot tabou. Et cela a été
récompensé car on n’accorde pas à n’importe quel pays, l’honneur d’être
le pays hôte du sommet de l’UA de juillet 2009 et celui qui devait tenir celui des chefs d’état de la francophonie en 2010.
Tout
cela semble bien loin, c’était sans compter qu’un chauffard politique
pouvait prendre le volant du pays, le confondant avec les platines d’une
sono et provoquer cette sortie de route fatale. Un accident de
l’histoire. On en porte encore les stigmates, les blessures sont encore
ouvertes. Des victimes par centaines, des éclopés de l’âme par millions,
des grands accidentés de la vie. Et le pays est encore dans le ravin,
quatre ans après. Voilà l’usage qu’il en a fait, du pouvoir. D’autres
l’y ont rejoint. Un renoncement moral...
On
l’a déjà dit, même la macro économie s’y perd, les modèles existants
sortent tous en erreur. Le désespoir reste le seul horizon car un
individu sans permis est le plus mal placé pour conduire le pays vers
le chemin de la légalité. Madagascar est aujourd’hui la risée du monde,
le bonnet d’âne de l’Afrique, même les comoriens nous rient au nez.
Au
moment où l’on ne cesse d’annoncer l’approche des consultations
électorales, on peut émettre des doutes sur la capacité de la Communauté
Internationale à jouer le rôle d’assureur tous risques et répondre aux
aspirations d’un peuple qui espère une réparation. Qu’il freine des
quatre fers pour embarquer dans cet attelage fou qui l’a emmené dans le
précipice. Quoi de plus normal. Les plaies ne sont pas encore
cicatrisées.
http://www.tim-madagascar.org/
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