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  • Julien Radanoara « La candidature de Rajoelina a été provoquée par les Français »


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    Parce qu’Andry Nirina Rajoelina, le candidat à la présidence de la République est contraint et forcé de se dépouiller des attributs de Chef d’Etat qui lui ont été attribués à tort au cours d’une cérémonie d’investiture bidon, son entourage s’est débrouillé pour trouver une astuce juridictionnelle pour préserver les acquis d’une cour de profiteurs sans scrupules. Le temps d’une vacance, prélude d’un mandat élastique qui, au lieu de sortir des urnes comme il se doit, sera décrété par voie d’ordonnance. La mise en chantier de cette ordonnance proposée par le ministère de l’Intérieur a soulevé un tollé général. Parce que les intérêts du groupe l’exigent, sans aucun scrupule ni état d’âme, les juristes au service du Chef de la Transition se sont creusés les méninges pour enfanter ces quelques 12 articles sur mesures, destinés uniquement et clairement pour permettre Andry Rajoelina de conserver « les droits et avantages inhérents à ses fonctions jusqu’à l’investiture du nouveau Président de la République ».

    La cause est entendue, et il se trouve que pour mieux enfoncer le clou dans le dos de la République, les concepteurs de ce tissu d’inepties en matière de droit public, n’ont pas oublié d’octroyer des privilèges extravagants aux zélateurs d’un système qui ne cherche que l’enrichissement rapide et durable. Ils conservent également « leurs fonctions » et les avantages en nature aussi, bien entendu. L’objectif non avoué de toute l’opération est le pilotage à distance des tous les pouvoirs étatique durant « la vacance de la Présidence de la Transition ». Les spécialistes du droit savent tous qu’un acte de démission est un acte irrévocable et l’on ne saurait être que surpris qu’au détour d’un article, le texte évoque clairement et en toute limpidité qu’« en cas de report de la date de l’élection présidentielle pour quelque cause que ce soit », au-delà de 1 mois de la vacance évoquée qui prend ainsi fin le candidat Andry Nirina Rajoelina « reprend les fonctions de Chef d’Etat jusqu’au soixantième jour du nouveau scrutin » et le « triumvirat est suspendu ». Une telle attention est plus suspecte aux yeux de n’importe quel autre candidat. Le recours à un « Triumvirat » n’est que de la poudre jetée aux yeux de l’opinion, avec pour effets spéciaux, d’éblouir une communauté internationale toujours prompte à saisir la balle au bond, sans tenir compte des ruses perverses que cachent toutes ces démarches apparemment innocentes.

    Les mauvaises langues racontent déjà, qu’en cas de rejet de ladite ordonnance, un plan B et un plan C sont déjà pour les mêmes résultats escomptés, toujours pour les besoins de la cause. L’essentiel pour les hommes au pouvoir c’est de perdurer au détriment de 20 millions de Malgaches qu’ils considèrent comme de véritables gogos.

    Pour n’importe quel curieux qui a eu la chance de lire l’ouvrage mondialement fameux de Sun Tzu intitulé l’ART DE LA GUERRE, l’audace dont a fait preuve le général Ranto Rabarisoa en déclarant dans la presse qu’à propos d’un directoire militaire : « (…) j’ai également appris ces rumeurs, mais en tout cas, on ne m’a jamais consulté ni avisé sur le sujet », relève purement d’un dialectique digne d’un stratège qu’il est de par sa profession. « Lorsque vous passerez à l’action, vous devrez sembler immobile. », avait prescrit Sun Tzu, en son temps, mais le précepte reste toujours valable même, et surtout à l’heure de la Feuille de Route. A l’heure où paraissent ces lignes qui sont entre vos mains, des analystes s’arrachent encore les cheveux pour savoir ce que veut dire en clair le message des pyromanes qui ont réduit en cendre les kiosques de quelques bouquinistes d’Ambohijatovo qui n’ont rien à voir avec les différents quotidiens des politicards de tous bords. Il ne manque que le prétexte valable et acceptable pour que le pays tout entier ne subisse une « Loi Martiale » au service de n’importe quel gros malin décidé à maintenir son emprise sur Madagascar. Pour le plaisir de jouir en toute tranquillité de toutes les richesses d’un peuple soumis à la loi du plus fort qui a l’armée pratiquement à son service.


    Harotsilavo Rakotoson :«Les avantages du président sont rattachées à sa fonction »
    La réaction du juriste Harotsilavo Rakotoson sur le projet d’ordonnance concernant la vacance de pouvoir au niveau de la présidence de la Transition après la démission d’Andry Rajoelina est sans équivoque. « Les avantages du président de la Transition sont rattachées à sa fonction, mais ne concernent en aucun cas sa propre personne », a précisé le juriste. « Quand une personnalité quitte sa fonction, il perd logiquement ses avantages », continue-t-il.

    Ainsi, il n’est pas du tout acceptable, comme il l’aurait souhaité, qu’Andry Rajoelina garde tous ses avantages liés à sa fonction de président de la Transition après sa démission. Ce serait le monde à l’envers, s’il continue à disposer par exemple de ses gardes du corps. Dans le contexte actuel, Harotsilavo Rakotoson met également l’accent sur l’égalité des chances de tous les candidats à l’élection présidentielle. « Si certains disposent de moyens mis à la disposition par l’Etat, ce principe de l’égalité des chances ne sera pas respecté », conclut-il.

    Julien Radanoara : « La candidature de Rajoelina a été provoquée par les Français »

    C’est une autre lecture de la candidature « hors délai » d’Andry Rajoelina à l’élection présidentielle. Julien Radanoara, analyste politique et spécialiste en relation internationale, estime plutôt que « la candidature de Rajoelina a été sans doute provoquée par les Français qui se sentaient déstabilisés en apprenant la candidature de Lalao Ravalomanana ». « Il ne faut pas oublier que juste après sa visite au Vatican, le président de la Transition était de passage à Paris, pour recevoir sans nul doute cette consigne », soutient Julien Radanoara.

    « La France s’attendait à ce que le prochain président soit une personnalité proche d’elle, car la plupart des candidats qui ont du potentiel électoral sont des candidats pro-français, mais c’est la désignation in extremis de Lalao Ravalomanana qui a chamboulé la donne, et les Français devaient pousser Andry Rajoelina à se porter candidat », explique notre interlocuteur. Julien Radanoara estime ainsi que cette candidature est loin d’être fortuite. Et elle ne relevait pas d’une saute d’humeur du chef de la Transition.

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