La présence du premier Président de la 4ème République pour la énième fois à Paris ce jour ne manquera pas d’être l’évènement clé de cette année. Pour tous les observateurs des relations internationales, la présence de Hery Rajaonarimampianina sur le perron du Palais de l’Elysée à côté de François Hollande sera plus qu’un symbole. Il s’agit du point de départ d’une nouvelle approche quant au sens économique de « l’intérêt [bien compris] de la France » à partir de la rencontre des deux hommes d’Etat. Malgré le silence radio et l’embargo qui entoure le dossier délicat des îles du Canal de Mozambique, personne n’est dupe. Il fut un temps où le Général de Gaulle ce visionnaire qui, avait insisté « pour que ces îles restent françaises » disait clairement. «Les Etats n’ont pas d’amis. Ils n’ont que des intérêts ». Tout le reste ne sera que verbiage de V.R.P au double langage.
Voici ce que n’importe quel internaute pouvait lire à partir de quelques données médiatisées sur la toile à propos des enjeux et des ressources que cachent les flots autour de cinq ilots minuscules. « De l’autre côté du Canal, le projet de raffinerie de pétrole compte parmi ses actionnaires, Leonardo Simao, ancien ministre des Affaires étrangères du Mozambique et directeur de la Fondation de Joaquim Chissano, lui-même ancien Président du Mozambique. La Fondation qui a pour vocation de promouvoir la paix et le développement économique au Mozambique, s’assurerait ainsi un financement en étant chargée d’une composante de la responsabilité sociale de la raffinerie. Coïncidence, ces deux hauts responsables sont médiateurs dans la crise malgache au nom de la SADC, avec Tomaz Salomao, également Mozambicain et ancien ministre des Finances de Joaquim Chissano.
En juin 2011, de sérieux doutes ont plané sur la partialité, voire l’intégrité de cette médiation, lorsque celle-ci avait publié [par erreur] une feuille de route très favorable à Andry Rajoelina et très différente de la position que tenait la SADC jusqu’alors ». Un autre visionnaire, mais du genre pragmatique patriote celui-là, dès 1973 Didier Ratsiraka, ministre des Affaires étrangère « revendique » la souveraineté de son pays sur les Iles Eparses. Pas aussi mollement que ses détracteurs mal informés le raconte, parce que les intenses pressions « tous azimuts » que celui qui deviendra plus tard le Président de la République Démocratique de Madagascar a initialisé. « En 1979 et 1980, l’Assemblée générale des Nations unies a passé une résolution invitant la France à restituer les îles Éparses à Madagascar. Cependant, les îles sont restées dans le giron français, et les dirigeants successifs de Madagascar ont négligé à plusieurs reprises de porter la question à la tribune des Nations unies ».
Qui s’en souvient encore ? A une heure où les braves gens dorment tranquillement dans un lit, sans même avoir pris connaissance de son contenu pervers et combien préjudiciable pour les intérêts de Madagascar, Vaovao Benjamin a déjà signé trois pages d’une Feuille de Route avant de prendre conscience de sa bêtise monumentale. Toujours le même Didier Ratsiraka et l’Arema avaient refusé catégoriquement de prendre en considération ce qui n’était en fin de compte et par la suite qu’une « feuille de déroute » avec les conséquences dans lesquelles notre pays se débat actuellement.
Les réfractaires de la ruse mozambicaine eux, ils ne tenaient pas à tomber dans les pièges documentaires d’une médiation aux arrière-pensées sordides qui puent le pétrole à plein nez. Il fallait vraiment être borné et abruti pour ignorer que «depuis quelques années, des intérêts bien plus grands se profilent et génèrent une urgente nécessité de régler définitivement la question de souveraineté et de ZEE sur toute la zone du Canal du Mozambique ». C’est l’une des raisons logiques et vitales pour lesquelles Didier Ratsiraka, même à l’heure actuelle refuse toujours de basculer dans les jeux mesquins d’une diplomatie des dupes qui consiste à jeter du lest pour accepter les séductions perfides des concessions sur des questions qui ne sont pas négociables. Ce n’est plus un secret pour personne.
« Selon TGS-Nopec, les deux gisements de pétrole découverts à Madagascar plaident aussi pour une région riche en hydrocarbure. On shore et off shore, l’exploration pétrolière et gazière couvre d’ailleurs un bon tiers du territoire malgache. Autour de Juan de Nova, la France a cédé deux permis d’exploration pétrolière, lesquels sont d’ailleurs entachés d’illégalité dans la mesure où ces permis portent sur une zone dont la frontière avec Madagascar [reste à déterminer], et… juxtaposent des permis accordés par l’Etat Malgache… ».
Que faire dans ce cas ? Rien n’empêche les parties en présence de revoir les Accords de Coopérations d’antan, actualisés, revues et corrigés à l’heure Antananarivo, pas celle du GMT … Les contacts avec les « compagnies Airbus, ATR à Toulouse » ou avec « les plus hauts dirigeants de la compagnie Boeing » plus tard, ne seront que des conversations de salon d’égal à égal et des promenades de santé. Si,… si le Président Hery Rajaonarimampianina (à propos des ressources pétrolières) se souvient et fredonne un refrain devenu célèbre de notre Dah’mama nationale. « Amin’ahy aty ny lakilé…Izaho tompon’ny lakilé…Tsy amenay é ! Tsy amenay é ! »
source: http://www.lanation.mg/

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