«Quand on travaille, Dieu bénit !». Le Président de la Transition concluait ainsi son annonce de l’achat de 2 Airbus A-340 d’occasion à Air France, face à Onitiana Realy, journaliste vedette de TV Plus le 23 mars. Mais pourquoi Dieu était-il ainsi mis à contribution pour une opération dont Andry Rajoelina s’annonçait si «fier» ?
C’est vrai que les Malgaches ont d’autres préoccupations et l’acquisition de ces deux appareils a provoqué, au mieux du scepticisme et au pire de l’écœurement, chez le citoyen et la ménagère de base. Une dépense s’élevant en final à plusieurs centaines de millions d’Euros est mal perçue par l’opinion publique quand le minimum vital manque. 336.000 emplois formels perdus depuis le début de la crise en 2009 selon le BIT, 950.000 enfants déscolarisés comptabilisés par l’UNICEF, une insécurité non maîtrisée qui touche tout le monde, etc…, les chiffres et les faits sont cruels. La population, très croyante, s’en remet plus au Créateur qu’au pouvoir pour s’en sortir...
C’est pour cela qu’Andry Rajoelina, qui n’est plus à une contre-vérité près, s’est empressé d’ajouter qu’Air Madagascar «n’aurait rien à débourser». S’agissant d’un leasing, c’est évidemment faux, et avec les intérêts, on finit toujours par payer le prix maximal, surtout quand il s’agit d’avions obsolètes. Car, précision d’importance oubliée par l’interviewé, il s’agit d’A340-300. La série 300 est la version sous-motorisée, c’est-à-dire la moins performante et, en terme économique, la moins rentable de cette lignée d’appareils, bien moins réussie que les versions 500 ou 600 disposant de moteurs plus puissants et d’une autonomie plus grande. Cette sous-motorisation se révèle particulièrement pénalisante au décollage, c’est pourquoi la piste de Nosy-Be doit être rallongée (montant estimé des travaux : 15 milliards d’Ariary). (...) Lire la suite

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