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| L’aggravation de la pauvreté a incité davantage de femmes malgaches à se tourner vers l’industrie du sexe |
ANTANANARIVO, 29 août 2012 (IRIN) - Dans la ville portuaire de Toamasina, à Madagascar, environ un résident sur sept travaille dans l’industrie du sexe.
Entre 1993 et 2012, soit en l’espace de moins de 20 ans, le nombre de travailleurs du sexe enregistrés dans la ville – qui compte environ 200 000 habitants – est passé de 17 000 à 29 000. L’augmentation s’explique par l’aggravation de la pauvreté ainsi que par la proximité de la ville avec la nouvelle mine de nickel d’Ambatovy.
La construction de la mine et les récentes améliorations apportées au port ont entraîné un afflux de milliers de travailleurs étrangers. Les investissements, d’une valeur de plusieurs milliards de dollars, ont également donné lieu à une augmentation du coût de la vie et à l’effondrement des activités commerciales traditionnelles comme la collecte et la vente de clous de girofle et de café, incitant de plus en plus de jeunes femmes à se tourner vers l’industrie du sexe.
« Les filles viennent de la campagne pour travailler comme bonnes. Puis, lorsqu’elles ont un problème avec leur employeur, d’autres filles originaires de la même région les initient à la prostitution », a dit à IRIN Germaine Razafindravao, présidente de FIVEMITO (‘Fikambanaina Vehivavy Miavotena Toamasina’ ou Women’s Future), l’association des travailleurs du sexe locale.
L’augmentation du nombre de travailleurs du sexe à Toamasina s’inscrit dans une tendance nationale qu’on attribue à l’augmentation de la pauvreté observée depuis le début de la crise politique déclenchée en 2009 par l’éviction du président Marc Ravalomanana, qui avait été élu à deux reprises, par Andry Rajoelina, qui bénéficiait du soutien de l’armée. Selon les chiffres du gouvernement, plus des trois quarts de la population malgache vivent maintenant avec moins d’un dollar par jour, contre 68 pour cent avant la crise.
Un moyen de survivre
« La prostitution est devenue un phénomène normal à Madagascar |…]. Le sexe est désormais un produit, un moyen de survivre », a dit Ratsarazaka Solomandresy, qui est responsable des programmes jeunesse du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) à Madagascar.
La prostitution est légale à Madagascar, et, même si le taux de prévalence du VIH/SIDA est faible par rapport à d’autres pays du sud de l’Afrique – selon l’ONUSIDA, environ 0,2 pour cent des personnes âgées de 15 à 49 ans vivent avec le virus –, l’incidence des infections transmissibles sexuellement (ITS) comme la syphilis est bien au-delà des normes régionales. Selon les chiffres du gouvernement, 4 pour cent des femmes enceintes et 12 pour cent des travailleuses du sexe sont infectées par la syphilis.
Jusqu’à il y a six ans, la ville d’Antsohihy, la capitale de la région de Sofia, dans le nord, était isolée du reste du pays, mais, en 2006, la remise en état d’une route menant à la capitale, Antananarivo, a rouvert la région au commerce et à l’industrie du sexe.
On ignore le nombre de travailleurs du sexe qui exercent à Antsohihy, mais « on voit presque tous les jours de nouveaux visages aux arrêts d’autobus », a dit Mme Solomandresy.
Nadine, 15 ans, a abandonné l’école primaire en 2011 et quitté son village natal, Befandriana, environ 50 kilomètres plus loin, pour rejoindre sa sœur de 18 ans à Antsohihy. Les deux filles sont maintenant des travailleuses du sexe.
Nadine gagne 15 dollars par client et dit qu’elle ne retournerait pas à l’école même si on lui en offrait la possibilité. Elle pratique ce métier depuis plus d’un an et personne ne lui a encore dit qu’elle était trop jeune. « Je n’ai pas peur des policiers. Ce sont aussi mes clients », a-t-elle dit à IRIN. (...) LIRE LA SUITE
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Les policiers aussi sont ses clients ? Mais quelle honte, où va-t'on ?
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