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  • Pourquoi résister !


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    Si le politique malgache était aussi imaginatif dans sa capacité à habiller ses reniements qu’à réfléchir sur l’avenir du pays, Madagascar ne serait certainement pas dans ce cercle maudit des plus pauvres du monde. Cette longue période de crise, a forgé les esprits à s’adapter aux situations, à esquiver les confrontations au lieu de les affronter. La pensée dite dominante, s’exprimant par l’arbitraire et le clientélisme, a brisé toute forme de résistance. La fidélité à des convictions, le refus de la compromission ne sont plus que de grandes utopies. La quête permanente du consensus a été un de ces principes corrupteurs, dans laquelle la CI s’est engouffrée pour masquer l’illégalité de la prise de pouvoir par la force et de ses auteurs. De même, l’insertion de la notion d’inclusivité dans le processus transitoire a rendu l’inopérabilité de fait, de toute forme de sanction contre les putschistes.


    L’application des accords de Cotonou ainsi que les dispositions de la charte de l’UA sur la bonne gouvernance, est alors réduite à une expression purement formelle. Et cela doit expliquer à posteriori, la célérité de la levée des « sanctions » dès la première sortie de ce président non élu et sans légitimité. Tout cela constitue l’étape suivant cette fameuse feuille de route, qui depuis sa conception, dissimulait mal l’intention d’attribuer la part belle à celui qui devrait se trouver en prison. Son article 20 n’était que le prétexte avancé pour convaincre ceux du bord d’en face pour accepter les strapontins, et qui d’ailleurs, n’en demandaient pas tant pour accourir.

    La vacuité idéologique de l’ensemble de la classe politique devrait faciliter la tâche du nouveau locataire des palais, à trouver ses marques et essayer d’imposer son autorité. Mais étant lui-même l’incarnation symbolique de cette classe dirigeante cumulant tous les handicaps devant le peuple, même le soutien affiché de la CI ne suffira pas à combler son déficit de légitimité devant les électeurs. L’écrasante majorité des malgaches est consciente que le schéma politique qu’on cherche à installer dans leur pays est un montage machiavélique facilité par le renoncement moral des politiques. Si certains croient avoir emporté une victoire suite à ce qu’il est convenu d’appeler un hold up électoral, les vrais patriotes ne peuvent par conséquent accepter y voir une défaite.

    La participation aux élections n’implique pas l’acceptation des fraudes surtout quand elles sont systématiques et à grande échelle. L’abandon de cette bataille pour la justice et la vérité des urnes est une désertion morale, une honte pour tous ceux qui parlaient au nom des légalistes. Une défaite éthique qui doit les inciter à ne parler, dorénavant, qu’en leur nom personnel !

    Les arrangements entre les composantes d’une classe politique ne peuvent tenir lieu ni d’un début de réconciliation ni d’apaisement, et ressemblent plus à un accord de partage du pouvoir qu’à l’existence d’un programme commun de gouvernement. Si en plus, c’est juste pour éviter à quelques uns de « traverser le désert », non, le peuple ne suivra pas !  

    http://www.tim-madagascar.org/

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