29 Mars : quelle résistance ?
L’histoire est un éternel recommencement. Ce jour, marque le 65ème
anniversaire de l’insurrection malgache contre les occupants français. A
part les dates, les acteurs sont toujours les mêmes. L’Histoire s’impose aux hommes mais les hommes écrivent-t-ils toujours leur Histoire ?
Une chose est sûre, les peuples doivent prendre leur destin en main pour ne pas, dans un an, se lamenter de nouveau sur leur sort. Nous sommes au 21ème siècle et la France se joue toujours de l’avenir des malgaches. Le 29 Mars est une date remplie de symboles mais fait surtout resurgir l’image de la violence et de la répression française contre ceux qui ont osé braver le pouvoir colonial. Plus de 100000 morts. Le prix de l’insoumission. Malgré l’atrocité des moyens utilisés par l’occupant, le nombre des victimes traduit la détermination des insurgés à croiser le fer. C’est ce qu’on appelle le patriotisme ! Sujet plus que jamais d’actualité. Les nouvelles générations sont-elles aussi animées par cet âme de résistant, qui naguère, faisait des malgaches un peuple respecté ? Nul ne le sait.
Si nous remettons en ligne cet article, que nous avons publié en novembre 2010, c’est qu’il demeure malheureusement au goût du jour.
Nul
ne sait de quoi demain sera fait à Madagascar. Une chose est sûre,
quelles que soient ses dénégations et autres déclarations, la France est
impliquée jusqu’au cou dans cette crise et sa responsabilité est donc
engagée. Elle doit dès maintenant mesurer les conséquences de cette
ingérence qui cherche à maintenir au pouvoir des putschistes, privant
les malgaches de leur liberté.
Le non respect des principes élémentaires de démocratie et les
atteintes quotidiennes aux droits humains dont la hat et son chef
Rajoelina sont devenus de grands experts, ne sont plus à démontrer.
«
L’état n’a pas d’amis, il n’a que des intérêts ». L’auteur de cette
expression ne doit pas se retourner dans sa tombe, car ses héritiers
ont bien retenu la leçon, en l’appliquant au peuple malgache avec
davantage de cynisme que même ceux qui ont occupé la France durant la
dernière guerre n’en ont pas été capables. Madagascar est aujourd’hui un
pays occupé, et nous avons aussi notre Pétain. Ses collabos sont aussi
zélés que Goebbels, que les camps d’internement risquent de connaître
une surpopulation. La torture y est monnaie courante, les viols et
autres assassinats s’y déroulent en cachette. Objectifs identiques,
mêmes méthodes. Les médias ne sont plus que la voie de son maître. Et
ceux qui osent ouvrir la bouche, risque de se taire à jamais. La traque
de ceux qui portent une dissonance à cette oppression est quasi
martiale. Les éléments des services de renseignement quadrillent
Antananarivo, et les milices armées quadrillent la capitale. La
terreur est sur la ville.
La population a peur
et elle a aussi surtout faim. Mais même dans cet enfer, elle ne rompt
pas. Elle courbe l’échine et encaisse. Les malgaches restent dignes
dans cette adversité qu’on veut leur imposer. Les peuples ayant connu
la même expérience en savent quelque chose… Que l’on ne vienne pas nous
reprocher d’organiser notre résistance de l’extérieur. Il n’est pas
absurde de tirer profit de l’histoire, quand il s’agit de sauver un
peuple de la dictature et de la barbarie.
L’on
ne se désole pas en ce moment, que le Pr Raymond Ranjeva ait bénéficié
d’une liberté provisoire au lieu de rejoindre dans les geôles de la hat,
d’autres personnalités qui n’ont rien fait plus que l’ancien
vice-président de la CPI, c'est-à-dire réclamer la fin de ce pouvoir
pris par les armes. Mais au nom de quoi et que faut-il avoir comme
pedigree pour que Mr Chataîgner s’interpose auprès de ses amis
putschistes et et ne pas se faire envoyer en camp de concentration ? Ce
fait politique ne cache plus les grosses ficelles françaises derrières
leur valet et devrait nous affranchir de scrupules, pour désigner les
vrais responsables dans cette crise. Cela doit passer par une évolution
des éléments de langage, et s’émanciper de cet excès de précaution quand
il s’agit de condamner en de termes simples et directs, le
machiavélisme de la politique française à Madagascar.
Quel
que soit le statut de la France, cela ne lui donne pas le droit d’être
juge et partie et faire cette énième provocation à l’endroit des
malgaches en essayant de vendre une feuille de route qui n’a qu’une
seule obsession : empêcher le retour du Président Marc Ravalomanana à
Madagascar.
Malgaches de tous les pays, levons-nous !

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